Découvrir le métier : Economiste de la construction, dans une équipe de maîtrise d’œuvre

Ecrit par Benjamin | 1 October 2025

On parle souvent de l’architecte, du bureau d’études techniques, du paysagiste, mais rarement de “l’économiste de la construction”. Pourtant, dans une équipe de maîtrise d’œuvre, il occupe une place un peu particulière : pas forcément sur le devant de la scène, mais souvent au centre du jeu.

Concrètement, son rôle ? Faire en sorte que les idées restent… constructibles. Et surtout, finançables.
Chez ECOCE INGENIERIE, on aime dire qu’on est les “gardiens de la cohérence”. Pas question de casser les ambitions architecturales ou environnementales, au contraire. Mais il faut veiller à ce que les choix tiennent la route techniquement et budgétairement, sinon le plus beau projet risque de s’effondrer… avant même la pose de la première pierre.

Un métier d’équilibre

Un projet de bâtiment, c’est toujours un exercice d’équilibriste. Entre le confort recherché par les futurs usagers, les exigences réglementaires (RE2020, accessibilité, sécurité incendie, etc.), les ambitions environnementales, les contraintes du site, et bien sûr… le budget.
L’économiste jongle en permanence avec ces curseurs. C’est un travail parfois ingrat, car personne ne se réjouit quand on annonce que “cette façade biosourcée est magnifique, mais elle coûte 20 % de plus que prévu”. Mais c’est aussi un rôle gratifiant quand on arrive à montrer qu’en optimisant la compacité, en anticipant l’entretien futur, ou en choisissant un matériau local, on améliore à la fois la performance et le coût global.

Dans la pratique

Un exemple tout bête : sur un projet de bureaux, le dessin de départ prévoyait un bardage aluminium intégral. Super classe, sauf que le coût dépassait allègrement les prévisions. Nous avons proposé une variante en mixant bois et enduit, avec un travail sur les proportions pour conserver une élégance architecturale. Résultat : économie de plusieurs centaines de milliers d’euros, tout en gagnant en inertie thermique et en impact carbone. Voilà typiquement où l’économiste devient force de proposition, pas seulement “gardien du budget”.

Mais concrètement, quelles missions ?

C’est là que ça devient intéressant. Parce que notre rôle ne se limite pas à “chiffrer”. L’économiste, dans une maîtrise d’œuvre, intervient à plusieurs moments-clés :

  • En phase conception : on établit des estimations successives (APS, APD, PRO…), qui permettent de vérifier que le projet reste dans les clous. Chaque choix technique (un isolant biosourcé, une ventilation double flux, une façade plus compacte) est passé au crible, non pas pour brider la créativité, mais pour mesurer son impact réel.
  • En phase DCE : on rédige les pièces écrites, les fameux CCTP, mais aussi les DPGF (décomposition du prix global et forfaitaire). C’est un peu le “mode d’emploi” technique et financier du projet, celui qui va être mis entre les mains des entreprises pour qu’elles puissent répondre.
  • Pendant la consultation : on analyse les offres. Et croyez-moi, ce n’est pas qu’une histoire de chiffres alignés dans un tableau. Il faut détecter les incohérences, les oublis, les sous-évaluations qui risquent de se transformer en litiges plus tard.

Et après le choix des entreprises ?

Le boulot continue :

  • On suit les travaux côté financier. Cela veut dire vérifier les situations de chantier, contrôler que les prix unitaires correspondent bien à ce qui a été signé, gérer les avenants quand il y a des imprévus.
  • On accompagne le maître d’ouvrage pour qu’il garde une vision claire et à jour de son budget. Pas seulement le “prix marché”, mais aussi le coût final, intégrant les aléas, les éventuelles économies, et même parfois les coûts futurs d’entretien (ce qu’on appelle le coût global).

Bref, on reste dans le jeu jusqu’à la fin. Et c’est souvent là que le maître d’ouvrage se rend compte de la valeur ajoutée : sans suivi, un projet file vite de 5 à 10 % de dépassement, parfois bien plus.

Une façon d’être utile

Ce métier, en vrai, c’est ça : un mélange de chiffres et de bon sens, mais aussi beaucoup d’écoute. On lit des CCTP, on épluche des ratios, mais surtout on discute avec les équipes. Parce qu’au final, ce qui fait tenir un projet, ce ne sont pas seulement des lignes de budget, c’est la capacité de tout le monde à tirer dans le même sens.

Et si on devait résumer la “patte ECOCE” ? Peut-être qu’on pourrait dire : rigueur économique, oui, mais au service du projet, pas contre lui. On préfère un bâtiment sobre et cohérent qu’un “objet architectural” qui coûte deux fois le prix et qui sera invivable à entretenir dans dix ans. Bref, on défend une ingénierie réaliste. Et, on l’espère, utile.

Contacter nous si notre expertise vous est nécessaire dans le cadre de vos missions de maîtrise d’œuvre !

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ECOCE Ingénierie intervient sur des opérations de santé, de logement, d’enseignement, de tertiaire et d’équipements publics.

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